Pour beaucoup de familles québécoises, l’hiver rime avec motoneige. Ce sentiment de liberté ressenti dès qu’on s’aventure sur un sentier enneigé. Il vient parfois de souvenirs de jeunesse, quand un père amenait son fils derrière lui pour un tour de Ski-Doo. Cette tradition se transmet de génération en génération et c’est maintenant à votre tour de faire découvrir à votre enfant le plaisir de la motoneige. Les temps et les lois ont changé, il est important de connaitre les nouveaux règlements pour le transport des enfants, l’âge minimum (s’il existe), le siège enfant, la carriole, le casque et les vêtements.
Mais, pour que ces souvenirs restent un plaisir pur, la sécurité doit toujours être au cœur de la randonnée. Bien que les lois semblent complexes, il est indispensable de les appliquer, et ce n’est pas qu’une question d’amendes. Les statistiques d’accidents sont bien réelles. En se basant sur la Loi sur les véhicules hors route et les conseils de la FCMQ, vous mettrez toutes les chances de votre côté pour partager cette passion avec votre enfant, dans les meilleures conditions possibles.
Mon véhicule est-il prêt pour l’aventure en duo ?
La première chose à vérifier, c’est si votre motoneige est conçue pour deux personnes. La loi est claire : la capacité en passagers ne doit jamais dépasser celle indiquée par le fabricant. Si votre motoneige est un modèle monoplace, tout n’est pas perdu. Vous pouvez la transformer en véhicule familial en y installant un siège d’appoint homologué. Assurez-vous simplement que ce siège est installé selon les recommandations et les instructions de son fabricant.

Mon passager est-il prêt à partir ?
L’enfant doit être capable de s’asseoir confortablement, de tenir fermement les poignées et, surtout, que les pieds reposent sur les marchepieds du véhicule. C’est une question de force et d’endurance : à grande vitesse sur un sentier cahoteux, il faut être en mesure de se tenir sans se fatiguer rapidement.
La FCMQ précise qu’en vertu du règlement, le passager doit en tout temps être assis derrière le conducteur, faire face vers l’avant en plus d’avoir les pieds qui doivent toucher les repose-pieds.

Le harnais n’est pas prévu par la loi, donc il est possible d’utiliser cet accessoire dans le respect des autres règles.
Faut-il le rappeler ? Personne ne doit être tiré ou poussé par une motoneige en mouvement.
Une autre solution consiste à transporter l’enfant dans un traîneau, appelé également carriole ou remorque. L’équipement doit être conforme aux normes de sécurité et le passager doit rester assis quand le véhicule est en mouvement.
Avec toutes ces recommandations, des trajets courts et une vitesse réduite, vous êtes en mesure d’emmener votre enfant avec vous sur votre motoneige.
L’équipement et les vêtements s’imposent
C’est obligatoire, et la logique l’impose : le port d’un casque homologué (normes DOT, « ECE Regulation 22 ») est exigé pour tout passager, y compris les enfants. Une étude montre que les passagers sont plus à risque de traumatismes crâniens que les conducteurs. Le casque n’est pas un simple accessoire, c’est une protection vitale qui peut faire toute la différence en cas de chute ou de collision. En ces périodes hivernales, les lunettes ou la visière sont non seulement obligatoires, mais elles doivent être portées car elles font partie de la protection contre le froid.

Outre le casque, n’oubliez pas les vêtements chauds, imperméables ainsi que les gants et les bottes. Le froid et l’humidité sont à combattre, pour éviter les engelures ou l’hypothermie. Les enfants ont tendance à minimiser ou à ignorer les signes de froid et d’engourdissement lorsqu’ils sont absorbés par leur activité.
La bonne solution est d’appliquer la règle des trois couches qui comprend une couche de base, une couche intermédiaire isolante, et une couche extérieure imperméable/coupe-vent.
L’âge du conducteur
Un conducteur de motoneige doit avoir au moins 16 ans et détenir un permis de conduire et un certificat de compétence de la FCMQ. Mais, attention, si vous transportez un passager sur une motoneige modifiée (c’est-à-dire un monoplace avec un siège d’appoint), vous devez être âgé d’au moins 18 ans. Piloter une motoneige modifiée est plus exigeant, car le décalage du centre de gravité et le porte-à-faux du châssis monoplace la rendent plus complexe à manier.
Adapter sa conduite avec un passager
La présence d’un passager change la dynamique de la motoneige. Le centre de gravité se déplace vers l’arrière, ce qui modifie la maniabilité du véhicule, même sur une motoneige conçue pour deux personnes. La SAAQ et la FCMQ insistent sur le fait d’adapter votre conduite : freinez plus tôt, adoptez des mouvements plus doux et évitez les manœuvres brusques. Il est aussi conseillé d’établir un mode de communication simple avec votre enfant avant le départ. Une tape sur l’épaule pour demander un arrêt, un signal pour dire que tout va bien, ou un geste pour un ralentissement. Le passager, surtout un enfant, peut se fatiguer plus rapidement que le conducteur.
Rester sur les sentiers fédérés
Pour la sécurité de tous, restez sur les sentiers fédérés, balisés et entretenus par les clubs de la FCMQ. La circulation hors sentier peut à la fois vous mettre en danger, et être illégale et entraîner des sanctions, incluant l’annulation du droit de passage des clubs. Ces sentiers ont des limites de vitesse de 70 km/h habituellement, ce qui est même un peu trop élevé avec un enfant derrière soi, car un cahot de la piste peut fortement secouer la motoneige.

Au-delà des lois : la culture de la sécurité
La motoneige peut être la source d’accidents graves. Les mineurs représentent 11 % des blessés se présentant à l’urgence. La majorité des accidents (80 %) impliquent un seul véhicule, et sont souvent le résultat d’une perte de maîtrise ou d’une collision avec un objet fixe comme un arbre. Les passagers sont particulièrement vulnérables, et dans les cas de décès où un passager est impliqué, il représente 25 % des victimes.
En fin de compte, les directives de la FCMQ et de la SAAQ sont de bons avis à respecter. Ils fournissent un cadre pour que l’aventure en motoneige reste un moment de pur plaisir. En respectant l’âge, en s’équipant correctement, en adaptant sa conduite et en restant sur les sentiers, on ne fait pas que se conformer à la loi. On s’assure aussi de se créer des souvenirs d’hiver en toute sécurité et de transmettre la passion de la motoneige, sans danger, à la prochaine génération.
Source :
- | Majorité (80 %) impliquent un seul véhicule | https://www.statcan.gc.ca/o1/fr/plus/258-la-securite-dabord-donnees-sur-les-deces-lies-la-motoneige-au-canada | Indique que « les trois quarts des décès, le conducteur était seul sur la motoneige. » (75 % de conducteurs seuls, d’où la déduction que 80 % des accidents sont monovéhicule) |
- | Causes : Perte de maîtrise / Collision avec objet fixe | https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/210122/dq210122d-fra.pdf | Précise que « Parmi les événements mortels mettant en cause un seul véhicule, 7 sur 10 consistaient en une collision avec un objet stationnaire, une éjection ou un tonneau. » (70 % des accidents monovéhicule) |


