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UN TOUR DE LA GASPÉSIE ÉPIQUE QU’ON VA RACONTER LONGTEMPS

tour de motoneige en Gaspésie

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Table des matières

La Gaspésie est sans contredit l’une des destinations les plus prisées du Québec. Tous les motoneigistes devraient s’offrir au moins une fois l’expérience d’un véritable périple gaspésien. Selon moi, il s’agit tout simplement du plus beau coin de notre province. La rencontre entre la mer et les montagnes, la richesse de la table, particulièrement pour les amateurs de poissons et de fruits de mer, et l’accueil chaleureux des gens font de chaque visite un moment unique.

JoAnn et sa motoneige
JoAnn et sa motoneige

Bien que nous en soyons à plus de 20 tours de faits et connaissions la région, nous savions que des surprises nous attendaient. Nous avions décidé de retarder d’une semaine, considérant la tempête prévue la semaine précédente.

Notre façon de voyager est simple : nous privilégions une approche au jour le jour plutôt qu’une planification rigide à l’avance. La météo peut être imprévisible, et nous préférons adapter notre itinéraire en fonction de Dame Nature, de la quantité de neige au sol et de l’état des sentiers. Bien souvent, la décision concernant l’endroit où nous passerons la nuit se prend à l’heure du dîner. Évidemment, ce mode de fonctionnement ne convient pas à tous, il est plus difficile à appliquer lorsque le groupe est nombreux. Pour notre part, nous voyageons idéalement à un maximum de quatre motoneigistes.

Nous n’avions pas d’objectif précis, si ce n’est celui de rouler plusieurs jours consécutifs et d’en profiter pleinement. En conditions idéales, nous espérions parcourir autour de 2 000 kilomètres ou davantage.

JOUR 1 : de St-Modeste à Amqui

Départ de Beauceville 15 mars, direction St-Modeste pour y laisser les camions et les remorques.  Premier arrêt, dîner au relais L’Étang du Moulin à St-Eugène-de-Ladrière.  La journée s’annonçait parfaite : le ciel était dégagé, la température agréable et les sentiers, tout simplement impeccables. 

PHOTO 2 - Relais l_Étang du Moulin – grande taille
Relais L’Étang du Moulin.

Lorsqu’on part pour plusieurs jours et comme nous avons tous des motoneiges équipées de moteur 2 temps, nous apportons de l’huile dans les bidons d’essence et nous la partageons.  Au fur et à mesure que le voyage avance, nous remplaçons l’huile par de l’essence.  Nous avons ainsi suffisamment d’huile pour tout le voyage et habituellement nous avons assez d’autonomie pour ne pas utiliser l’essence.  C’est toutefois un élément de sécurité supplémentaire.

À moins de 5 km de la station-service, un de nos partenaires a manqué d’essence.  Malheureusement son réservoir n’était pas tout à fait plein au départ.  Nous avons continué jusqu’à la station-service et notre autre partenaire est allé le rejoindre avec 4 litres d’essence.

PHOTO 3 - Sentier – grande taille
Sentier impeccable.

Nous sommes arrivés à Amqui en fin de journée après environ 275 km. 

JOUR 2 : d’Amqui à New Richmond

Au réveil, près de 15 centimètres de neige fraîche recouvraient le sol, et les flocons continuaient de tomber. Toutefois, les prévisions annonçaient un changement, de la pluie était attendue plus tard dans la journée.

PHOTO 4 - Près de l_Alverne – grande taille
Près de l’Alverne dans le coin de Matapédia.

L’objectif était Chandler, mais nous avons abandonné l’idée pour raccourcir la randonnée et nous rendre à New Richmond.  Comme la distance entre Carleton et New Richmond est d’environ 50 km, nous nous sommes quand même arrêtés pour dîner à Carleton.  J’ai suggéré à mes partenaires de continuer jusqu’à New Richmond et de dîner là.  Ils ont préféré qu’on arrête maintenant pour manger puisque la pluie devait débuter vers 16 h. Nous n’avions pas terminé notre repas que la pluie s’est mise de la partie.  Le déluge !  Nous avons effectué le déplacement entre Carleton et New Richmond sous la pluie battante.  On espérait que ça diminue et on savait que la distance n’était pas longue, sinon nous serions restés à Carleton pour le coucher.

Arrivés à New Richmond tôt en après-midi, nos pantalons et manteaux étaient trempés à l’extérieur seulement, nos vêtements, eux, étaient secs.  Nous avons toutefois eu à défaire nos bagages puisque l’eau s’était infiltrée.

La journée s’est arrêtée avec moins de 300 kilomètres de parcourus. Pas question de continuer à rouler dans de telles conditions. La pluie intense, accompagnée de vents violents, a d’ailleurs causé de nombreux dommages dans la région.

PHOTO 5 - New Richmond – grande taille
Enfin arrivés détrempés à New Richmond.

JOUR 3 : de New Richmond à Rivière-au-Renard

Bruine et brouillard à notre départ, les prévisions météo annonçaient un dégagement, nous avions espoir que ça s’améliore.

Arrêt à Pabos pour dîner, nous souhaitons nous rendre au Rocher Percé pour les traditionnelles photos.  Le ciel était clair, nous étions optimistes jusqu’à ce qu’on arrive sur un tronçon récemment gratté. 

Pensant que la portion problématique serait courte, nous avons poursuivi… Nous avons traversé un trou de gadoue brunâtre d’environ 60 mètres de long et environ 40 cm de profondeur. Nous avons continué un bout pour finalement rebrousser chemin et repasser dans le trou de gadoue.

PHOTO 6 - Percé – grande taille ...
Direction Percé… dans la boue

Les surprises ne s’arrêtaient pas là. À notre arrivée à Rivière-au-Renard, quatre importants trous d’eau nous attendaient avant l’hôtel. Résultat : les pieds mouillés et, encore une fois, des bagages à sécher.

PHOTO 7 - Passerelle Gaspé – grande taille
Passerelle à Gaspé.

Une journée difficile de plus de 350 km, nous avons rencontré seulement 4 motoneiges.

JOUR 4 : de Rivière-au-Renard à Mont-St-Pierre

La nuit avait été particulièrement froide, transformant les sentiers détrempés de la veille en véritable patinoire. Nous savions que la journée serait difficile. Partis sans destination précise, mais avec une certitude : pas question de repasser dans les quatre trous d’eau de la veille.

Nous avons emprunté brièvement la route 132 pour tenter de rejoindre le sentier à un autre endroit.  Un sympathique monsieur est venu à notre rencontre et nous a invités à passer sur son terrain.

PHOTO 8 - Rivière-Madeleine – grande taille
Le sentier est glacé dans le secteur de Rivière-Madeleine.

Les dommages causés par la pluie et les vents étaient impressionnants : caps de roches effondrés, arbres et branches jonchant les sentiers. À un certain moment, un petit arbre est même tombé juste devant l’un de nos partenaires.

PHOTO 9 - Surfaceur – grande taille
Surfaceur en plein travail.

Nous avions prévu de faire le plein d’essence à Mont-Louis.  La station-service est fermée.  Nous nous rendons à Mont-St-Pierre afin d’évaluer la situation.  Nous avions assez d’essence pour nous rendre à La Martre. Mais considérant les conditions de sentiers, nous avons décidé de faire une demi-journée de randonnée.

On se dirige vers le motel, pour prendre des chambres et dîner.  Le restaurant est fermé, mais nous avons pu avoir des chambres.  Il y a une épicerie toute proche, c’était simple de s’y dépanner, du moins pour le dîner.  L’épicerie était fermée, ils sont en train de refaire le plancher.  On se rend donc à l’autre motel-restaurant juste à côté.  On dîne et on réserve pour le souper et le déjeuner du lendemain.  C’est là qu’on apprend que la station-service de La Martre est aussi fermée, elle a été endommagée par les grands vents. Évidemment, c’est là que nous avions prévu de faire le plein, ce qui causait encore un contretemps.

Des motoneigistes qui logeaient au même motel que nous étaient partis récupérer leurs camions et remorques.  Ils ont pu nous dépanner en nous vendant de l’essence.  Ainsi nous serions en mesure de nous rendre à Murdochville le lendemain.

Une petite journée d’un peu moins de 200 km durant laquelle nous avons dépassé 2 motoneiges et en avons rencontré seulement 2 autres.

Durant le souper, nous avons fait la connaissance d’un sympathique couple de Magog, Martin et Martine.  C’était sans savoir à ce moment qu’ils allaient jouer un rôle clé dans la suite de notre aventure.

JOUR 5 : de Mont St-Pierre à St-Adelme

Dès le départ, nous avons compris que la journée serait pénible : sentiers glacés, nombreux arbres tombés. En tentant d’éviter l’un d’eux, j’ai mal évalué la manœuvre et mon épaule droite a heurté la cime de l’arbre. La douleur a été intense, mais de courte durée. Il en est resté une ecchymose, accompagnée d’un inconfort pendant quelques jours.

PHOTO 10 - Paysage – grande taille
Les magnifiques Monts Chic-Chocs comme paysage.

Avant d’arriver à Murdochville, un de nos partenaires a brisé un grattoir à glace (ice scratcher). Malgré un équipement de rechange, nous n’avions pas la rallonge d’outil nécessaire pour l’installer.  Nous nous sommes rendus à Murdochville pour la réparation et faire le plein d’essence.  J’avais affaire à la pharmacie et j’ai pensé à celle qui est juste à côté de la station-service.  Eh bien elle est fermée ce matin-là. 

Nous nous rendons finalement à La Cache, on refait le plein et on dîne.  On croise à nouveau Martin et Martine.  Les conditions étaient si extrêmes que notre groupe a brisé cinq grattoirs à glace. L’idée de ne pas pouvoir rejoindre nos camions par les sentiers commençait sérieusement à prendre forme.

PHOTO 11 - Sentier – grande taille
Un sentier dans un paysage grandiose.

Nous avons décidé de nous rendre à St-Adelme afin de réévaluer la situation. C’est là que nous avons découvert le Motel M et son propriétaire Steve, accompagné de son fidèle chien Brutus.  Accessible par le sentier, à quelques pas du relais St-Adelme, de la station-service et du dépanneur, l’emplacement est parfait.

Devant les conditions exécrables qui ne vont pas en s’améliorant, l’idée de mettre fin au périple germe dans nos têtes. En discutant avec le proprio Steve, nous lui faisons part de nos réflexions.  Sans hésiter, il nous offre de prendre son camion pour aller récupérer les nôtres.  Nous le remercions en lui mentionnant qu’on retient cette option.

PHOTO 12 - Motel M – grande taille
Le Motel M et le sympathique Brutus.

Steve met à la disposition des clients une grange pour le remisage et il est également possible de s’y stationner avec camion et remorque.  Il accueille aussi les amateurs de quad et de side by side.  Cela a fut la découverte de notre voyage: un endroit très propre, confortable et le coût est plus qu’abordable.  Je recommande fortement.

Durant le souper, la décision est tombée : le voyage se terminerait à moins de 1 500 kilomètres.

PHOTO 13 - Motel M – grande taille
Le Motel M et la grande disponible pour le remisage

Un appel à l’aide sur Facebook a rapidement porté ses fruits. Mais la solution la plus simple se trouvait juste à côté : Martin et Martine étaient nos voisins de chambre, leur camion et remorque étaient sur place.  Ils nous ont offert deux places afin de récupérer nos véhicules à St-Modeste, notre point de départ. 

JOUR 6 : de St-Adelme à Beauceville

Peu après 8 h, mon conjoint et un partenaire sont partis avec Martin et Martine vers St-Modeste. Ils étaient de retour en milieu d’après-midi.  Steve, le propriétaire du Motel M a accepté de nous laisser les chambres durant cette période.  J’ai proposé qu’on rapatrie tout le bagage dans une seule chambre.  Il ne voulait pas qu’on lui paie un surplus, nous lui avons donc laissé un généreux pourboire.  Il est venu nous regarder charger les motoneiges et nous dire bonjour.  Nous sommes finalement arrivés à la maison vers 20 h 45.

CONCLUSION DU VOYAGE

Partir en randonnée de motoneige sur plusieurs jours exige résilience, persévérance, débrouillardise et une bonne dose d’organisation. Bien que ce voyage ait été, sans contredit, le plus difficile que nous ayons vécu en Gaspésie, il restera gravé dans nos souvenirs.

Car au fond, c’est aussi cela, le charme de la Gaspésie : l’imprévisible, les défis… et les histoires qu’on raconte longtemps après.

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