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Quand on veut s’amuser en hors sentiers, on cherche toujours l’endroit où l’on retrouvera le plus de neige vierge possible et un accueil favorable aux motoneiges hors-piste. Après avoir couvert une partie des bons endroits au Québec, mes chums et moi avions envie de découvrir du nouveau, de l’inconnu et de partir en « road trip ». La destination du nord de l’Ontario fut facile à choisir : elle offre un vaste territoire enneigé souvent tout près ou pas très loin des grands centres et est facile d’accès via des routes forestières ou des sentiers faciles à suivre et bien signalisés.

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Nous avons donc installé nos motoneiges sur la plate-forme nouvellement installée de Ken et nous avons embarqué dans son gros F250 pour un 10 heures et demi de route. Au menu: du café, des jokes, des histoires de motoneige et un peu de philosophie à 5 cennes. Quand t’as du temps, ça laisse libre cours aux grandes discussions!

Nous avons fait un arrêt pour luncher chez Myrt’s Family restaurant www.myrtsfamilyrestaurant.com . Un petit « mom and pops » simple et sympathique où les burgers sont parfaits. En plus, le stationnement adjacent est assez grand pour accueillir les remorques.

On reprend la route et 4 heures plus tard on arrive à notre premier arrêt : la ville de Cochrane. On a réservé des chambres au Station Inn www.ontarionorthland.ca/en/station-inn-hotel. C’est facile à trouver, y’a une énorme locomotive en face!

On a stationné nos camions dans l’immense stationnement en face de l’hôtel et c’est là qu’on débarque nos motoneiges. On n’est pas les seuls, y’a une dizaine de groupes qui descendent ou rembarquent leur machine pendant que nous nous préparons. L’activité principale ici c’est la motoneige de sentier, mais comme on veut profiter du fait que les motoneiges sont acceptées partout en ville, on décide de circuler en motoneige pour aller visiter l’habitat pour ours polaire ( www.polarbearhabitat.ca ) qui est le plus grand centre au monde pour l’étude de ces grosses bêtes poilues. Tant qu’à y être, on décide de prendre la visite guidée pour en apprendre plus. Voir un ours de 1000 livres passer à un pied de soi de l’autre bord de la grande vitre de l’observatoire pour aller se faire nourrir met en perspective la force et le gabarit de ces vénérables géants.

Mais la raison principale pour laquelle on fait ce petit détour c’est pour aller voir le musée de la motoneige qui est logé dans la même bâtisse que l’habitat des ours polaires. On y rencontre deux des curateurs de ce musée illustrant une partie de l’histoire de nos joujoux préférés. Il y a près de 125 motoneiges de toutes sortes et nos guides les connaissent toutes. Ils nous en parlent avec passion et nous assurent qu’elles sont toutes en état de marche. Ils organisent même une randonnée annuelle avec d’autres collectionneurs pour amasser des fonds pour des bonnes causes. C’est toujours l’fun de voir les yeux d’un passionné s’allumer quand il nous parle de ce qui les fait triper. En revenant à nos motoneiges modernes, on est à même de voir le chemin parcouru dans l’évolution technologique des machines modernes. Je ne pense pas que les antiques pouvaient monter une côte abrupte dans 4 pieds de neige en faisant un « wheelie » comme le font facilement les nôtres !

Un peu plus tard, on est au stationnement du barrage de la route 47 sur la rivière Abitibi. On y rejoint notre guide pour l’Abitibi Canyon: André Bernier ainsi que quelques membres du club des Artic riders de Smooth Rock Falls et d’autres « riders » qui eux sont plutôt fans de hors-piste. André est bien connu dans la région pour ses services de guidage en motoneige et en canot. L’été, il va même jusqu’à se déguiser en coureur des bois à bord de son grand canot pour faire découvrir l’histoire des pionniers francophones qui se sont installés dans la région au siècle dernier. Ceux-ci ont fondé des communautés francophones toujours bien vivantes comme Cochrane et plein d’autres villages du nord de l’Ontario où l’on parle français.

Calme et méthodique, André est le gars que tu veux avoir pour te faire découvrir sa région. Il connait chaque recoin à des centaines de kilomètres à la ronde et il peut nous raconter des histoires sur ses aventures et celles de pionniers pendant des heures. Tout au long de la journée, il va nous amener dans des spots des hors-piste trippants du canyon Abitibi. Tandis que nous nous énervons à dresser nos motoneiges avec nos ponts de 162 pouces, André nous suit calmement en montant les mêmes côtes avec son skandic! Pas de problèmes, le monsieur sait piloter.

On rencontre aussi Trevor Piper qui est un régulier dans les canyons. Mécanicien la semaine, il n’attend que le weekend pour aller s’amuser dans les canyons. Avec sa motoneige hors-piste, il va partout. Il nous emmène jusqu’à un spot qui me laisse perplexe. Une descente remplie de neige entre deux grosses buttes où la seule façon de sortir est de remonter le côté pentu. Il nous propose d’y aller en premier. Il descend lentement en analysant l’endroit pour trouver comment et où il va remonter. Rendu en bas, il fait deux petits cercles avec sa machine et il se lance à l’attaque de la côte. Sa motoneige se dresse comme un poteau à mi-chemin et penche un peu vers la gauche. En une fraction de seconde, il lâche l’accélérateur et pousse sa machine vers là-bas de la côte pour se reprendre. Tout ça sans qu’à aucun moment on ne sente qu’il perd le contrôle. Il recommence aussitôt et monte d’un trait la butte en terminant avec un « wheelie » de fou pour nous donner un petit spectacle. On rit et applaudit le « king de la butte ».

Je m’y attaque un peu plus tard et profite du fait que la trace est tapée pour monter la côte « full throttle ». Je n’ai pas le mérite d’avoir fait la première trace, mais je m’amuse en masse. En tout, on va passer près de 5 heures dans le coin à jouer dans la neige épaisse qu’on retrouve en quantité dans l’Abitibi Canyon. C’est vraiment un spot de fou et en plus, le terrain de jeu est immense. André nous explique qu’on peut se rendre très loin au nord en suivant la ligne électrique.

Nos amis du Club Artic Riders nous accompagnent et sourient en regardant nos folies. On se tape un petit lunch en forêt tout en jasant des sentiers motoneiges que les Artic riders entretiennent. On décidera plus tard de revenir par leurs entiers jusqu’à Smooth Rocks Falls où on ira coucher au Moose motel.

Une heure plus tard, on rejoint Ken qui a redescendu la remorque qui était restée au barrage. On rencontre Nai qui est le nouveau proprio du Moose. Nai arrive de l’Inde et a acheté le motel pour en faire un spot où les amateurs de sports motorisés se sentiront bien. Pour ce faire, il rénove tranquillement chaque chambre, accueille lui-même ses clients et habite sur place avec sa famille. C’est amusant de voir à quel point il est passionné de motoneige pour un gars qui n’est pas exactement né là-dessus. Il nous ouvre la porte de son immense garage où quelques motoneiges sont déjà stationnées au chaud pour la nuit. Il y a de la place en masse pour les nôtres qu’on va faire dégeler toute la nuit. On se douche et on va souper au Chinois d’à côté. Dans le minuscule village de SMR, tout le monde se connait. On mange comme des rois et on retourne dans le garage pour prendre un verre en jasant de… motoneige!

Dans la soirée, les autres clients et nos nouveaux amis des Artics Riders viendront nous rejoindre. On rencontre un groupe de 6 jeunes Ontariens qui ont, eux aussi ,fait plusieurs heures de route pour venir s’amuser ici. Y’a aussi un groupe de 5 motoneigistes qui passe la nuit au Moose pendant leur périple de 5 jours sur les sentiers de la région. Tout ce beau monde socialise en anglais et en français. On s’accroche un peu les pieds et ça vire en party improvisé avec musique, « drinks » et des rires à profusion. Nai viendra même nous rejoindre pour jaser et amènera en plus du ravitaillement. Du gros fun!

Le lendemain, on se réveille étonnamment en forme pour aller déjeuner au Smoothie’s qui est… juste à côté du Motel. On y va à pied, mais la marche n’est même pas assez longue pour sentir le froid mordant du matin. On décide de monter à Hearst avec les machines sur la remorque pour sauver un peu de temps et concentrer notre randonnée sur le hors-piste dans le coin de Hearst. On ne le regrettera pas. En arrivant à l’hôtel Companion 50 minutes plus tard, on descend les motoneiges et on s’habille dans l’énorme garage de l’hôtel. Eux aussi sont vraiment bien équipés pour nous accueillir. On jase avec quelques groupes de motoneigistes qui viennent d’un peu partout autour et aussi de pas mal plus loin pour profiter des sentiers et du hors-piste qu’offre Hearst. Tous nous confirment que c’est un des meilleurs spots en Ontario.

C’est aussi là qu’on retrouve Dany Gratton et ses acolytes qui connaissent bien la région. Dany nous raconte qu’à 15 minutes du Companion on aura de la neige folle en masse pour se pratiquer avec nos machines à poudreuse. On fait un petit photo-stop aux statues des orignaux qui sont un point de rencontre facile et populaire puis on se lance à l’attaque du sentier qui nous amène rapidement au « snow field ». Dany n’a pas menti, il y a une bonne couche de neige vierge partout et on doit retenir les gars pour éviter qu’ils ne tapent le champ entier avant qu’on ait pu faire une seule photo. Les trois tripeux nous font tout un spectacle et on s’amuse autant à les regarder faire qu’à essayer d’en faire autant. Ici, la neige est abondante et on peut circuler pratiquement n’importe où avec nos machines. Ça fait du bien de se sentir aussi libre et bien accueilli avec nos motoneiges.

On s’amuse toute la journée autour du Hearst et on ira même diner à la marina qui est un spot populaire pour les motoneigistes. Après toutes ces émotions fortes, on prend le chemin du retour le lendemain matin. On a encore des histoires à se raconter tout le long en descendant chez nous.

Décidément, le nord de l’Ontario a beaucoup à offrir aux motoneigistes amateurs de hors-piste qui sont à la recherche de spots inédits. En plus, les Franco-Ontariens nous accueillent avec leur heureux mélange de « Franglais » donnant une saveur unique à nos échanges.

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